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La municipalisation de la police à Orizaba, 1820-1834

À partir du printemps 1808, un grand bouleversement eut lieu dans l’Empire hispanique entier. Nous devons peut-être rappeler qu’après une série de conflits au sein de la famille royale, les Bourbons furent obligés d’abdiquer en faveur de l’empereur Napoléon. Celui-ci, après un court interrègne, désigna son frère Joseph comme le nouveau roi d’Espagne et des Indes. Mais les abdications furent tout de suite considérées comme illégitimes et les acteurs politiques de tout l’Empire durent affronter la difficile entreprise de construction d’une nouvelle légitimité. Ce fut dans le cadre de cette recherche du renouvellement de l’organisation politique qu’eut lieu la réunion des Cortes de la monarchie en 1810, devenue une véritable assemblée révolutionnaire, dont le résultat fut la rédaction de la Constitution de la monarchie de 1812, dite de Cadix.

La crise de l’autorité centrale de la monarchie déclencha simultanémment, la « réassomption » de la souveraineté de la part des républiques urbaines, processus à la fois modéré mais aussi légitimé et légalisé par les Cortes à travers les articles constitutionnels concernant la nouvelle organisation provinciale et municipale et les instructions du gouvernement « politico-économique » des populations. Les municipalités se virent alors attribuer des facultés plus amples dans des domaines tels que la justice, attribut fondamental de la souveraineté dans le monde hispanique, la perception des impôts, le recrutement des milices, l’organisation des écoles, l’administration des marchés, la réparation des chemins, etc. En outre, la police municipale s’étendit aussi sur les domaines traditionnels des corporations religieuses comme la charité, ou pour mieux dire la bienfaisance, car ce fut dans cette nouvelle perspective que les municipalités durent s’occuper des hôpitaux, des hospices, et des établissements similaires. Nous pouvons observer ces transformations dans la rélation des corporations religieuses avec la municipalité de la ville d’Orizaba entre 1820 et 1834.

Les cas les plus évidents furent ceux des hôpitaux de la ville, celui de l’Immaculée Conception, des religieux juaninos, et celui des femmes de Saint-Joseph-de-Grâce. Les comptes rendus des procès verbaux de la municipalité nous montrent que depuis 1820, les deux corporations étaient surveillées par les édiles, devant lesquels les supérieurs devaient désormais présenter leurs comptes afin de compléter leurs budgets avec les fonds municipaux. La municipalité introduisit ainsi dans ces corporations charitables l’exigence de l’efficacité dans l’attention des malades, jusqu’alors reçus selon les possibilités des rentes des hôpitaux. En outre, même s’il n’y avait pas de mention explicite de la garde du culte catholique parmi les facultés renforcées des municipalités, elles se montrèrent de plus en plus soucieuses à ce sujet. À partir de 1821, la municipalité de la ville d’Orizaba s’occupa par exemple de surveiller plus étroitement l’organisation des missions des franciscains. Les exercices de piété qui recevaient auparavant les éloges des autorités étaient désormais considérés avec un certain mépris. On craignait alors « les offenses à Dieu » faites pendant les processions nocturnes et on essaya conséquemment de les interdire.

Dans les municipalités renforcées dans leurs attributions, on retrouve après l’indépendance des groupes parfois très enthousiastes que l’on peut appeler ilustrados, c’est-à-dire « éclairés ». Il s’agissait de groupes issus des élites locales dont la volonté de moderniser la vie des villes, d’introduire « les lumières du siècle » comme on disait à l’époque, était plus que manifeste . La ville d’Orizaba fut témoin de l’essor d’un groupe d’édiles qui répondait à ces caractéristiques entre 1825 et 1826. Dans la municipalité de cette période, on retrouve un ensemble de personnalités assez hétérogène : il y avait seulement trois membres des familles des échevins de l’Ancien Régime, ainsi que trois des Indiens dits « principaux » ; à leurs côtés, plusieurs cultivateurs de tabac, des officiers des milices formés pendant la guerre d’indépendance, des avocats et des personnages nouveaux sur lesquels nous ne possédons pas de données précises. C’est parmi les membres issus de l’élite que l’on retrouve la minorité très active d’« éclairés », huit au moins parmi la trentaine d’édiles de la période 1825-1826.

Ces édiles « éclairés » étendirent aussi leur tutelle aux corporations religieuses, desquelles ils exigèrent une contribution à l’utilité publique de manières nouvelles. Il y eut des actes de contrôle, tels que la surveillance contre les abus du casuel ou les visites des hôpitaux, si nombreux que le recteur de celui des femmes dut déposer plainte en avril 1826. Au sujet de ces établissements, la municipalité continua les efforts commencés auparavant pour transformer la charité en bienfaisance avec l’attention systématique portée à tous les malades. Ils agirent sous des principes semblables lorsqu’ils reçurent la pétition d’ouvrir un couvent de Carmélites : ils demandèrent aux religieuses de changer leur règle strictement contemplative pour s’occuper de l’éducation de jeunes filles, car « aucune utilité ne résulte à la population avec un établissement de religieuses utiles seulement à elles-mêmes ». Dans un cadre plus traditionnel, ils attendaient aussi des religieux carmes et franciscains qu’ils détournent leur règle pour contribuer à légitimer la corporation à travers leur participation aux processions organisées par la municipalité, notamment la Fête Dieu.

Toutefois, la municipalité pouvait aussi protéger certaines corporations. Lorsqu’en 1827 le Congrès fédéral du Mexique, sous l’emprise des libéraux les plus radicaux, ordonna l’expulsion de tous les Espagnols, y compris l’expulsion explicite des religieux, les missionnaires apostoliques du Collège de Saint-Joseph-de-Grâce d’Orizaba furent en danger. Alors, la municipalité accepta d’envoyer une demande au président de la république. Les édiles insistèrent sur l’utilité des religieux pour l’ensemble des habitants de la ville puisqu’ils avaient toujours travaillé « pour le bien des âmes et des habitants d’Orizaba », et puisqu’ils avaient apporté un motif d’admiration « d’une vie pacifique et exemplaire ». Les habitants de la ville rédigèrent aussi une demande conjointe à celle de la municipalité, dans laquelle ils se montrèrent plus enthousiastes. Les missionnaires, affirmèrent-ils, étaient le soutien de l’ordre de la communauté : « ils constituent le frein des habitudes de la population, ils tiennent dans leur orbite le père de famille, l’épouse et le fils ». « Leur vie exemplaire », reprirent-ils, était aussi un motif d’édification.

Il ne s’agissait toutefois que d’arguments déjà connus depuis le XVIIIe siècle, d’après lesquels les religieux travaillaient pour le bon ordre de la république. Les habitants d’Orizaba, et la municipalité en tête, répondirent ainsi aux libéraux qui dénonçaient les corporations comme étant inutiles voire dangereuses, avec les arguments renouvellés de l’utilité publique traditionnelle. D’après cette perspective, il était possible de les contrôler et même de leur assigner de nouvelles finalités, toujours sous la surveillance de la police municipale. La municipalité devenait ainsi la nouvelle souveraine de l’espace public urbain.

Orizaba : Les corporations religieuses dans une ville de l’Ancien Regime hispanique

Au cours du XVIIIe siècle, les églises contribuèrent à la construction de l’espace urbain d’Orizaba. En effet, certaines d’entre elles furent érigées dans des espaces jusqu’alors presque entièrement vides. Elles devinrent tout naturellement les axes de l’expansion urbaine de la ville. Les maisons des habitants se construisirent autour d’elles, les rues furent tracées pour faciliter leur accès, les places furent aménagées à leurs portes et, bien sûr, les nouveaux clochers « rendent plus agréable la vue ce village », disait-on en 1762. Le Sanctuaire de Guadalupe en constitue le meilleur exemple : pour relier le centre-ville à ce temple, bâti dans une zone fangeuse d’accès très pénible, il fut nécessaire de tracer une nouvelle rue et de construire un pont et une chaussée. Tous ces travaux furent réalisés par les chapelains du sanctuaire grâce aux aumônes et au travail des fidèles. Dans ce contexte, nous ne pouvons pas nous étonner de voir les nouveaux temples donner leurs noms aux rues, ni même de voir les quartiers prendre le nom du saint patron du temple le plus proche.

Tout cela répondait à une logique très claire : la communauté était censée permettre la subsistance matérielle, mais aussi et surtout le salut spirituel. Celui-ci était lié d’une manière très étroite, dans le catholicisme de l’époque, aux sept sacrements et à la prédication de la parole divine (ce que l’on appelait alors la « pâture spirituelle ») dont les temples étaient les lieux d’accomplissement par excellence. Tous les habitants étaient en droit de trouver les moyens du salut les plus proches possibles et la ville était donc organisée à cette fin. Lorsque la fondation de la dernière grande corporation religieuse d’Orizaba, le Collège apostolique de Saint-Joseph-de-Grâce, fut préparée à la fin du siècle, les autorités notèrent, en toute logique, que celui-ci achèverait l’œuvre d’approvisionnement du « secours spirituel » de la ville. À partir de ce moment, la ville entière d’Orizaba aurait libre accès aux sacrements depuis trois principaux points équidistants et ordonnés en ligne droite (ou à peu près) sur l’axe est-ouest de la ville.

La distribution de l’eau était elle aussi marquée par l’empreinte des corporations religieuses. Dans l’Empire hispanique, les communautés religieuses disposaient du privilège de l’eau et il n’est donc pas étonnant de noter que les premières conduites d’eau furent aménagées à Orizaba dans le couvent des Carmes, dans le sanctuaire de Guadalupe et dans le couvent-hôpital de l’Immaculée. Une fontaine dans les places annexes permettait l’évacuation de l’eau en surplus, qui pourvoyait ainsi aux besoins des habitants des quartiers. Même si la corporation municipale surveillait parfois l’état de ces fontaines, leur approvisionnement et leur réparation revenaient aux corporations religieuses.

En outre, la paroisse, les congrégations, les couvents et les confréries étaient les principaux responsables de la charité chrétienne et comptaient pour cela sur les aumônes des habitants de la ville, toujours dans le cadre des œuvres de miséricorde chers au catholicisme de l’époque. C’était ainsi qu’on soignait « l’humanité douloureuse », c’est-à-dire les malades, visités dans les hôpitaux ou chez eux par leurs confrères. Selon leur vocation respective, les confréries préparaient des repas pour les pauvres, visitaient les prisonniers, enterraient les morts inconnus, hébergeaient les démunis ou secouraient les orphelins. L’éducation était aussi une œuvre de miséricorde accomplie, certes par la corporation municipale dans une « école publique », mais aussi grâce aux fondations pies établies par le clergé.

Les corporations religieuses jouaient également un rôle important dans le maintient de l’ordre public, un ordre de nature morale qui était marqué par le respect des hiérarchies. Citons en premier lieu les corporations dont la vocation était de prêcher la parole divine, comme le Collège apostolique de Saint-Joseph-de-Grâce, un couvent de missionnaires franciscains. Grâce aux religieux, affirmaient les autorités de la ville, « les vices disparaissent, les habitudes se modèrent, le luxe et l’oisiveté disparaissent ». Les missionnaires apostoliques de la Nouvelle Espagne travaillaient pour rétablir la paix à l’intérieur des esprits, des familles et bien sûr des communautés. On attendait de même des prédications plus quotidiennes des clercs des autres congrégations de la ville : la paroisse, la congrégation de Saint Pierre et l’Oratoire de Saint-Philippe Néri.

Néanmoins, le devoir de maintien de l’ordre revenait principalement, au quotidien, à la paroisse, dans laquelle le curé avait l’obligation de surveiller la conduite de ses ouailles. Pour ce faire, il comptait sur le prône, le confessionnal et les « conversations familières », comme on disait à l’époque, et même sur son bâton de juge ecclésiastique. Toutefois, ces moyens pourraient être qualifiés de faibles devant ses nombreuses responsabilités. Les dossiers judiciaires des villages de la région de la côte du Golfe du Mexique nous montrent l’activité des prêtres dans des domaines aussi variés que la moralité sexuelle (notamment le concubinage et l’adultère), le respect du repos dominical, la congrégation des villages, l’organisation des fêtes et, bien sûr, l’apaisement des habitants lors des émeutes périodiques qui caractérisaient la vie villageoise.

En outre, à cette époque, les curés utilisaient la chaire pour prêcher sur d’autres objets « d’utilité du public », tels que l’approvisionnement en nourriture, mais surtout l’utilité du roi, à la demande spécifique de la Couronne. Il y eut de nombreuses lois royales (reales cédulas) qui nommaient les curés co-responsables de la transmission des messages et de l’accomplissement de certains devoirs des sujets de la monarchie : ils rappelaient aux Indiens de payer leur tribut au roi, ils participaient aux recensements fiscaux et militaires, et ils ne combattaient pas seulement les vices moraux mais aussi « l’exécrable vice de la contrebande ». Lors de toutes ces occasions, les curés agissaient explicitement pour promouvoir « la soumission, l’obéissance et le respect » qui étaient dus au roi et à ses ministres.

Le souci du bon ordre de la paroisse obligea parfois les prêtres à intervenir dans les conflits des corporations civiles. En 1784, « avec sollicitude pour l’honneur de Dieu et le bien-être du prochain », le curé et deux prêtres intervinrent pour mettre fin aux querelles qui prenaient place entre l’échevinage espagnol et la république des Indiens. Avec l’aide du juge royal, les trois ecclésiastiques parvinrent à négocier un accord pour « la bonne harmonie » des deux républiques.

Les corporations de laïcs pouvaient aussi parfois participer au contrôle de l’ordre public. Pour accomplir son devoir d’« admonestation des pécheurs », le Tiers Ordre franciscain comptait plusieurs frères « zélateurs » répartis dans les quartiers de la ville, dont le devoir consistait à surveiller la conduite des autres frères pour en informer le supérieur de l’ordre. D’une façon plus subtile, les corporations religieuses avaient aussi pour fonction de faire preuve du « bon exemple » de la soumission aux autorités corporatives. La convivialité idéale vécue à l’intérieur des couvents, de l’oratoire ou des frères franciscains laïcs relevait aussi de la catéchèse pour les habitants de la ville.

Ainsi donc, dans la ville d’Orizaba sous l’Ancien Régime, comme partout dans le monde hispanique, la subsistance matérielle et le salut spirituel étaient conçus nécessairement comme des affaires collectives. Civiles et religieuses, les corporations étaient toutes étaient concernées par le devoir de préserver le bon ordre de la communauté et toutes contribuaient ainsi à assurer la police urbaine.

Reformando las cofradías novohispanas

Hoy se cumplen doscientos treinta y siete años del inicio de una de las más ambiciosas reformas que bajo el reinado de la Casa de Borbón se emprendieron en la Nueva España: la reforma de las cofradías. El 17 de junio de 1775 el contador general de propios y arbitrios del reino, Francisco Antonio de Gallarreta, dirigió al virrey Antonio Bucareli la exposición que aparece abajo, en la que denunciaba no sólo su ilegalidad por haberse constituido contra lo dispuesto en las Leyes de Indias, sino sobre todo los problemas que suponían las cofradías para el público, es decir, para los pueblos novohispanos, y en particular para los indios. El contador llegó incluso a proponer una medida radical: la supresión de las cofradías.

Se inicio entonces un amplio expediente en el que las autoridades de buena parte del reino, tanto civiles como eclesiásticas dirigieron al gobierno una amplia información sobre la materia, fuente invaluable y todavía poco explotada sobre las cofradías mismas, pero también testimonio interesante de la forma en que la reforma se ponía en ejecución. Contrario a lo hecho en otros puntos del Imperio, en las oficinas del gobierno novohispano nunca dejó de tomarse en cuenta al episcopado, y nunca los jueces locales llegaron a proponer medidas específicas o a expresar una crítica directa sobre las corporaciones que se ponían en cuestión. Antes bien, contra lo que Gallarreta hubiera esperado, no faltaron las defensas decididas de las cofradías y sus prácticas, aunque cabe decir que el clero no dejó de compartir algunos de sus puntos de vista. Mas al final el expediente, que acumuló 18 gruesos legajos, debió cerrarse en 1793 sin una conclusión propiamente dicha, dejando lugar más bien a la reforma por la vía de los expedientes particulares.

El expediente general de cofradías de México resulta así un buen testimonio de las ambigüedades de las Reformas borbónicas, que nunca pudieron hacer por completo de lado a los actores tradicionales y a las corporaciones. Mas veamos por ahora con detalle este documento en que por primera vez las cofradías son denunciadas por oponerse a la utilidad del público.


AGN, Historia, vol. 312, fs. 1-4.

Excelentísimo Señor

Con el justo deseo de llenar las indispensables obligaciones de esta Contaduría general de mi cargo, pasé los oficios correspondientes a todos los alcaldes mayores de las distintas jurisdicciones comprendidas en la vasta extensión de este virreinato, a fin de que cada uno respectivamente me diese individual razón de los bienes comunes que poseían los pueblos sujetos a la suya, del producto anual de ellos y su inversión, informándome al mismo tiempo del número de congregaciones o hermandades que tuvieren, de sus advocaciones y origen, fondos en que consistían y gastos a que se erogaban, cuyas noticias me dieron con la claridad y distinción necesaria.

Reconocidas éstas con la atención que merece tan importante asunto, advertí sin embargo de que la mayor parte de las comunidades se hallan reducidas al más lamentable estado, por el abandono con que han sido tratadas hasta aquí, y que muchos de los pueblos carecen de terreno para formarlas, apenas hay alguno que no tenga una o dos que denominan cofradías, con abundantes fondos así en ganados como en tierras de labor y magueyales, cuyos productos se erogan en funciones de iglesia, comidas, fuegos y otros gastos tan inútiles como perjudiciales, según acreditan los precitados informes.

Por ellos consta igualmente que ninguna está fundada con licencia del superior gobierno y demás solemnidades que previene la ley veinte y cinco, libro primero, título cuarto de la Recopilación de estos reinos, y que sus fondos son dimanados de dotaciones particulares de los mismos vecinos, entre quienes se ignora absolutamente el principio de muchas de ellas, o de bienes correspondientes a las comunidades, que desemembraron y aplicaron a este efecto los gobernadores y repúblicas, asegurando a vuestra excelencia que hay pueblo que no posee un palmo de tierra de comunidad, y su cofradía tiene muchos ganados y más de setenta caballerías de sembradura y pastos, cuya desgracia es general, especialmente en los obispados de Oaxaca y Valladolid, sin que basten a contenerla los reglamentos que se les despachan, pues poco importa que se moderen gastos y corten abusos, sino se remedia éste que es el capital origen de su ruina.

Muchas de estas fundaciones tuvieron su principo en la devoción de algunos particulares que respectivamente dejaron cortísimas cantidades ya en especie, ya en cabezas de ganado para que con su producto se dijese número señalado de misas o se celebrase la fiesta de éste o el otro santo, y tomando sobre sí los naturales la administración de dichos bienes, se hicieron igualmente cargo de llenar las obligaciones de su destino, pero como la debilidad de los fondos no podía sufrir el gasto a que estaban dedicados, se veían en la dura precisión de erogar lo que faltaba de sus propios caudales, y para libertarse de este gravamen, usaron del injusto arbitrio de separar alguna porción de terreno o finca de su comunidad, que aplicaron desde luego a cubrir el costo que ofrecía la celebridad del santo a quien habían dejado su limosna, el particular, denominándola ya cofradía, sin embargo de no tener ninguna de las circunstancias que requiere su erección.

Otras hay fundadas precisamente sobre bienes de comunidad en esta forma: determinaron los indios de un pueblo celebrar la fiesta anual de San Francisco (v.g.) y para hacerla separaron de dichos bienes algún pedazo de tierra, o extrajeron varias cabezas de ganado, que vendieron, comprando con su importe alguna finca, que rindiese lo necesario para esta festividad, o las conservaron a fin de costearla con su producto, y continuando sus sucesores en el mismo abuso, miran ya éste como un fondo sagrado, que sólo puede invertirse en obsequio del santo a quien se aplicó, cuyo aumento procuran con mayor cuidado que el de las comunidades, quedando así desatendidas éstas y despojadas de lo que legítimamente les corresponde, de cuyo principio nace en mucha parte la pobreza de los naturales, y las miserias que experimentan en los tiempos de calamidad, que les obligan a morir lastimosamente, o a desamparar sus propias casas para mendigar en las ciudades y villas, siendo rarísimo el que después se restituye a ellas, con general perjuicio de las poblaciones, y consiguientemente de los reales tributos, lo que no sucedería si las rentas comunes estuviesen gobernadas con la economía que merece su piadoso destino, y no se desmembrasen para dedicarlas a esta clase de fundaciones, tan gravosas al público, que tendría entonces un seguro repuesto con que aliviar sus urgencias.

Este es, señor excelentísimo, el desorden que se experimenta en esta delicada materia, de cuyo pronto remedio pende nada menos que la felicidad de los pueblos, que siempre ha sido el digno objeto de los afanes de vuestra excelencia, y para proporcionársela no hallo otro arbitrio que el de que su justificación se sirva mandar suprimir las referidas cofradías, como fundadas sin las solemnidades que prescribe la citada ley 25, aplicando todos sus bienes a las respectivas comunidades, con lo que se reintegrarán éstas de lo que se les ha defraudado, se repararán de los atrasos que sufrieron con este motivo, se pondrán en el más floreciente estado, y lograrán estos vasallos la satisfacción de ver efectivas en su alivio las sabias piadosas intenciones del rey, en el nuevo establecimiento de esta oficina, quedando al mismo tiempo libres los pueblos de los gravísimos perjuicios que les ocasiona la multiplicidad de funciones, porque los naturales, cuyo carácter específico es la inacción, sólo buscan en ellas la novedad, el concurso, el ruido y la bebida, de que nace la embriaguez, las torpezas y demás excesos que enteramente los arruinan.

Nuestro Señor guarde la importante vida de vuestra excelencia muchos años. México y junio 17 de 1775.

Excelentísimo Señor
Francisco Antonio de Gallareta y Zubiate.

Excelentísimo Señor Bailío frey D. Antonio Bucareli y Ursúa.

Las elecciones cofradieras del siglo XVIII

Es tiempo de elecciones en nuestro país, por lo que es siempre oportuna una mirada histórica sobre el tema. Ya una vez, en el año 2010, dediqué una entrada de este blog al tema de las elecciones en las corporaciones religiosas en general, ahora quisiera llamar la atención en particular a las que tenían lugar en las cofradías del mundo hispánico en el Antiguo Régimen.

Tal vez conviene comenzar recordando que por entonces había elecciones y de manera constante en buena parte de las corporaciones que estructuraban la sociedad. Sin duda hoy todos los historiadores lo tienen presente, el término elección significaba ante todo la renovación de una autoridad y no implicaba un procedimiento específico (podía ser escrutinio, por sorteo, por compromiso o por una manifestación de la voluntad divina expresada en un voto unánime). Sería pues, un anacronismo decir que no había elecciones entonces, sólo porque el procedimiento no era el mismo que en nuestros días, como lo es también pensar que esas corporaciones sólo porque había elecciones eran ya un precedente de nuestra contemporánea democracia. Empero, es cierto que mucho influyeron en la construcción de los procedimientos electorales liberales: una buena historia de las elecciones, no podría dejar de analizar con detalle las prácticas, por ejemplo, de las repúblicas de indios, que sí que elegían anualmente a sus autoridades, o las de corporaciones religiosas de seglares como las que tratamos aquí. En cambio, sería tal vez un tanto inútil remontarse hasta las civilizaciones prehispánicas, cuyos regímenes, por definición eran distintos a los de la civilización occidental.

Dicho lo cual, pues, repetiré lo que escribí en 2010: en las constituciones cofradieras estaba normalmente previsto que cada año, después de la fiesta patronal de la corporación, se reunieran los hermanos en cabildo y eligieran nuevos oficiales. Los procedimientos concretos eran de lo más variado, en general tendientes a evitar la formación de divisiones entre los cofrades y a asegurar la indiscutible validez del acto. Existía, por supuesto, el voto secreto en cédulas depositadas en una urna, como lo practicaba por ejemplo la cofradía de Nuestra Señora de Aranzazu de Puebla, al menos según sus constituciones redactadas en 1782. Las había que confiaban en la autoridad clerical para validar sus resultados, como la sacramental de Tizayuca, que en 1739 disponía que los cofrades votaran para elegir al mayordomo, rector y diputados al oído del cura párroco, en quien confiaban para hacer el cómputo de los votos. En cambio, hasta donde he podido ver, el sorteo no parece haber sido una de las prácticas electorales comunes de las cofradías, lo era más bien una suerte de compromiso: el escrutinio previo. Un buen ejemplo es la cofradía de Jesús Nazareno de Veracruz, que disponía en sus constituciones de 1770 la celebración de una junta particular de oficiales para establecer en ella a los candidatos a la elección, de manera por completo secreta, desde luego. Al otro lado del Atlántico, en la siempre cofradiera Sevilla, tal era el procedimiento más extendido: los hermanos eran convocados más bien para validar o rechazar la lista presentada por los oficiales actuales, utilizando por lo común unas bolillas negras o blancas.

Conviene destacarlo, las elecciones cofradieras eran por lo común enmarcadas con ceremonias religiosas, destinadas a pedir la inspiración divina para garantizar el acierto en ellas, o para dar gracias al Cielo por su correcta celebración. Así, en las cofradías del escapulario del Carmen se rezaba el Veni Sancte Spiritus antes de comenzar la elección; en la del Señor de la Coronación de Real del Monte se invocaba también al Espíritu Santo con una oración y se cantaba un Te Deum al finalizar. Había también Te Deum en la de San Juan Nepomuceno de San Luis Potosí y en la sacramental de la parroquia de Santa Veracruz de México, mientras que en la de San Francisco Xavier de la misma capital rezaba el Veni Creator al inicio y una Salve al final. Ya a principios del siglo XIX, los cocheros del Santísimo de la parroquia de San Sebastián de México, establecerán directamente una misa de Espíritu Santo antes de iniciar el cabildo de elecciones. En ello se parecían a la cofradía de los sastres de Sevilla, la de Nuestra Señora de los Reyes, que ya desde 1788 tenía por constitución una misa semejante antes de su cabildo de elecciones. Cabe decir, algunas cofradías sevillanas extendían estas oraciones e invocaciones a todos sus cabildos, como la Orden Tercera de Siervos de María de los Dolores, que rezaba también el Veni Sancte Spiritus.

Ahora bien, no por ceremoniosas y cuidadosamente planeadas en las constituciones las elecciones tenían lugar de manera pacífica y completamente armoniosa. En Sevilla, por ejemplo, el cabildo de elecciones de la hermandad del Santo Cristo de la Salud de la parroquia de San Bernardo era especialmente vigilado por las autoridades eclesiásticas en virtud de algunos “alborotos y disensiones”. En noviembre de 1787, el párroco Cristóbal García Marmolejo escribía a la mitra sevillana dando cuenta de que en efecto, en la reunión de principios de ese mes, se habían escuchado “alguna conmoción”, “varios campanillazos y ciertas amenazas uno a otro con darle bofetadas, de mandarse en mala hora y otras”, que lo habían obligado a hacerse presente para imponer el orden. De este lado del Atlántico no he encontrado por ahora testimonios directos de conflictos electorales en las cofradías novohispanas del siglo XVIII, por lo que dejaremos pendiente el tema por ahora. En cambio, me interesa cerrar destacando que en algunos pueblos las elecciones cofradieras terminaron junto con la centuria: en las de españoles de Orizaba comenzó a introducirse la costumbre de que fuera el párroco quien designara a los mayordomos, en las de Lagos, las elecciones desaparecen incluso en cofradías de indios como en la de Purísima Concepción del pueblo de Moya. Símbolo posiblemente de que el clero reforzaba su participación directa y su control en la vida religiosa de los pueblos, las elecciones cofradieras fueron así perdiendo importancia en el siglo XIX, cuando además aparecieron unas elecciones nuevas y no menos apasionantes, las propiamente políticas en el sentido moderno.

La capilla del Rosario de Orizaba

Catedral y parqueEl Ilustre Ayuntamiento de la villa de Orizaba, cabeza de la república de españoles de esa población, se presentaba cada 1o. de enero en la iglesia parroquial, bajo de mazas, para celebrar la misa de acción de gracias con Te Deum después de haber elegido a sus dos nuevos alcaldes ordinarios anuales. Mas la celebración no tenía lugar en el altar mayor de la parroquial, sino en una de las capillas laterales: la de Nuestra Señora del Rosario.

No era ninguna casualidad. Situada en la nave de la Epístola, es decir, entrando sobre la derecha, prácticamente a la mitad de ella (en la quinta bóveda), separada apenas del cuerpo principal de la iglesia, era un edificio de notables dimensiones: su ancho es comparable a una de las naves de la parroquial, teniendo un tercio de su largo, e incluso su cúpula era ligeramente más alta que el cimborrio de la principal. Monumental pues, destacaba también por su ornato. En 1765 los tenientes de cura de la parroquia la tenían como un edificio de “primorosa arquitectura”, adornado con varios retablos valiosos en más de 7 mil pesos, habiendo costado su construcción más de 16 mil.

Es cierto, había sido la obra de una de las numerosas corporaciones religiosas de seglares de la villa: la archicofradía de su titular, en particular de su primer mayordomo, D. Gaspar de Bedriñana, quien entre 1715 y 1736 había reunido lo necesario para su construcción. En ella, ciertamente, se veneraba una imagen prestigiosa, como lo prueban las obras pías para la celebración de la fiesta en su honor cada 30 de octubre, que suman una decena entre 1767 y 1783, a más de las diversas donaciones y limosnas más modestas que recibía hasta mediados del mismo siglo XVIII. Empero, prácticamente desde su construcción era mucho más que la capilla de una devoción, pues se había convertido en el depósito del Santísimo Sacramento, esto es, servía de Sagrario de la parroquia, sede permanente de la presencia real divina en la Eucaristía.

Aún más, se convirtió pronto en uno de los lugares predilectos para el entierro de los notables orizabeños. De hecho, ahí se enterraría uno de los regidores fundadores del ayuntamiento, don Juan Antonio de Cora en 1794, pero también magistrados reales como el alcalde mayor Juan Sevillano, el comisario del Santo Oficio Francisco Rengel del Castillo, cosecheros de tabaco como Sebastián del Pozo y Diego Pérez, y desde luego sus esposas, como Da. Francisca Petronila Castelán y Da. María Antonia Alexos. Incluso el párroco de la villa, Francisco Antonio de Illueca había mandado en su testamento de 1772 que se le enterrase debajo del presbiterio de esa capilla.
Por supuesto, en el particular contexto orizabeño, de enfrentamiento constante entre la república de españoles y la de indios, la capilla tenía además la ventaja de salir por completo del dominio de estos últimos. En ello insistieron en 1765 los tenientes de cura de Orizaba: había sido “fabricada a costa de españoles sin intervención de indios”. Cierto, no dejaba de ser más pequeña que la capilla mayor de la parroquial, pero gracias a sus imágenes, a la presencia divina misma, al prestigio de los devotos y a la estética misma de su arquitectura y ornato, constituía bien un espacio sagrado adecuado para las ceremonias de la corporación de los españoles de Orizaba.