Levasseur y la reforma de la Iglesia mexicana II

El mes pasado publiqué en este espacio un fragmento de la correspondencia diplomática del siglo XIX, en concreto de las cartas del ministro francés en México André Levasseur, cuya transcripción me fue amablemente facilitada por mi colega Irina Valladares García, doctorante en la EHESS. Pues bien, aquí una segunda parte en la que vemos a un Levasseur interesado simultáneamente en la reforma de la Iglesia, pero sobre todo en el pago de la deuda mexicana con los bienes de las órdenes religiosas masculinas. Aunque el ministro se presentaba a sí mismo como un genio de la política que prácticamente le había abierto los ojos a los funcionarios mexicanos, incluido al presidente Mariano Arista, hay que decir que no proponía nada que no estuviera circulando en los debates cuando menos desde 1833. Por una parte denunciaba las faltas disciplinarias de los religiosos, con todos los clichés de la época: ociosidad, hipocresía, riquezas fantásticas, “fanatismo” incluso; por otra, presentaba cálculos como los de muchos otros liberales, que se imaginaban poder resolver todos los problemas económicos del país con esos bienes de los conventos, y todavía mantener efectivamente a los religiosos. Tenemos aquí pues, un testimonio clásico del liberalismo decimonónico, pero con el agregado de la presión de los intereses nacionales franceses en México.

Archives du Ministère des Affaires Étrangères, Correspondance politique-Mexique, vol. 39, ff. 103-106, carta de André Levasseur, enviado extraordinario y ministro plenipotenciario al ministro, México, 1o. de agosto de 1851

« Pour sortir le Mexique de son état de misère, il n’y a plus qu’une ressource, une seule, c’est de faire entrer dans la circulation une partie des immenses richesses qui sont immobilisées entre les mains du clergé. Depuis deux mois je cherche à faire pénétrer cette vérité dans l’esprit du Président, des membres de son cabinet, et des hommes les plus influents du corps législatif, mais si quelques-uns m’ont compris, il ne s’est pas encore trouvé un seul assez courageux pour tenter de la faire mettre en pratique… Tous ceux auxquels je m’adresse conviennent qu’il est absurde que dans une société dont le gouvernement politique n’a que 10 millions de piastres pour soutenir son administration et payer ses dettes il y ait une corporation qui possède près de la moitié des propriétés foncières du pays et jouisse de 18 millions de piastres de revenus sans vouloir, en aucune façon, venir au secours de l’État ; tous reconnaissent qu’il serait aussi juste que prudent de faire enfin disparaître l’inégalité des richesses qui existe dans la répartition des charges entre le peuple qui n’a rien et les ordre religieux qui ont tout… mais personne n’ose porter la main sur le vieil édifice, personne n’ose en arracher une pierre dans la crainte de se faire écraser sous les débris, tant il est vrai que la peur est la maladie la plus invétérée du Mexicain !

Dernièrement, causant intimement avec le Président, je le pressais vivement d’aviser enfin aux moyens de relever l’état financier et de payer les dettes de l’État et particulièrement, bien entendu, celles contractés envers nos nationaux, car c’est mon thème particulier ; mais, me répondit-t-il, vous en parlez bien à votre aise, ne le cherchons nous pas tous les jours ces moyens ! Mais où les trouver ? Êtes-vous capable de nous indiquer une ressource efficace et certaine au milieu de cette ruine générale et complète ? Certainement lui répondis-je, et si votre excellence veut bien m’accorder un instant de sérieuse attention, je vais mettre 30 millions de piastres à sa disposition en moins de deux ans, quelques esprits aventureux et qui n’ont aucune responsabilité à mettre à couvert vous ont conseillé la confiscation de tous les biens de l’Église ; ceci serait une faute à laquelle on donnerait le nom de persécution religieuse… moi je ne veux de persécution contre personne… mais je vous demande une réforme salutaire, une réforme qui éloigne la corruption du sein de votre population et remplisse les caisses de l’État. Voyons un peu comment nous l’obtiendrions : Laissons en paix le clergé séculier, qui quoique surabondamment riche, travaille cependant encore un peu à faire du bien ; laissons en paix vos deux mille cinq cents religieuses qui ne peuvent trouver place dans une société dont les hommes n’aiment pas le mariage, abritent leur vertu sous le toit de 59 couvents dotés de bons revenus, mais voici mille cent trente neuf moines ou Capucins de toutes dénominations et couleurs qui possèdent cent quarante six couvent dont chacun pourrait servir de logement somptueux à cinq cent familles et ne renferme dans ce moment que quatre, six, au plus dix prétendus Religieux qui y vivent à l’engrais, du fruit des labeurs du peuple ; qui, le jour promènent leur hypocrisie, sans chemises et en robes sales, dans les rues ; et la nuit désertent le cloître pour aller dans les bouges des ruelles propager la démoralisation, le libertinage et des honteuses maladies… Voilà, mon cher général, les désordres et les abus qui appellent une réforme ! Voilà la réforme qui doit enrichir l’État et rendre à l’Église le respect que lui font perdre les moines […] formez ces 1139 paresseux libertins en 46 escouades de 25 à 39 hommes, mettez à la tête de chacun de ces escouades un chef assez ferme et assez honnête pour les discipliner, et cloîtrez chacune d’elles dans chacun des 46 couvents que nous leur assignons et que ces couvents soient particulièrement choisis parmi ceux des campagnes. Là vos moines et vos capucins, encore richement dotés, pourront vivre selon la règle de leur ordre et rependre l’aisance autour d’eux en donnant pour la culture de leurs terres travail aux populations agricoles, et il vous restera cent couvents à vendre au profit de l’État, la vent de ces cents couvents en raison de leur situation dans les principales villes de la République, vous rapporteront en peu d’années 50 millions de piastres qui, sagement administrées, vous permettront d’établir un bon système financier, de former une armée peu nombreuse mais qui, bien payée et bien disciplinée, fera perdre aux ambitieux le goût des conspirations ; d’avoir des tribunaux moins corruptibles et une administration moins vénale, parce qu’ils seront à l’abri du besoin et enfin de relever de crédit public et la réputation du gouvernement en offrant à vos créancier des garanties de paiement… Voilà mon cher général le moyen de sortir de votre triste position et de sauver votre pays… »

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